Aller au contenu

Fondations techniques

Rubrique 01 sur 13

Ce sur quoi tout repose : paquets, processus, mémoire, silicium.

Rubrique · 74 pages · 7 sous-sections

Fondations techniques

Réseaux

37 pages

Des câbles aux applications : adressage, routage, transport, supervision et défense des réseaux à protéger.

Repères, modèles et lecture d’un échange réseau

Supports, équipements et réseaux locaux

+ 29 pagesReplier

Supports, équipements et réseaux locaux

Accès, sans-fil, mobiles et objets connectés

Adressage, IP et services fondamentaux

Routage, interconnexion et réseaux opérateurs

Transport et applications

Exploitation, supervision et performance

Défense réseau, contrôle d’accès et segmentation

Systèmes d’exploitation

11 pages

Linux, Windows et Active Directory : administrer, durcir, observer avec eBPF et repérer les chemins d’attaque.

+ 3 pagesReplier

Matériel, silicium & démarrage de confiance

7 pages

Micrologiciels, démarrage mesuré, attestation TPM, enclaves et canaux auxiliaires : ce qui se joue sous le système.

Théorie & modèles de sécurité

8 pages

Modèles formels, capacités, consensus byzantin, théorie de l’information et informatique quantique : les bases conceptuelles.

Par où commencer

  1. Réseaux

    Comprendre comment circulent les échanges

  2. Systèmes d’exploitation

    Administrer puis durcir un système

  3. Virtualisation & isolation

    Mesurer ce que l’isolation garantit

  4. Matériel, silicium & démarrage de confiance

    Descendre jusqu’au démarrage de confiance

  5. Théorie & modèles de sécurité

    Prendre du recul avec les modèles

Parcours qui passent par ici

Voir l’affiche seule · Toutes les affiches

→ Lire l’explication complète de la marmotte

Chaque contrôle de sécurité repose sur une couche plus basse qu’il tient pour acquise. Le pare-feu applicatif suppose que le routage amène les paquets là où on le croit, le chiffrement du disque suppose que le micrologiciel qui démarre avant lui n’a pas été modifié, l’isolation entre clients suppose que l’hyperviseur tient. Cette rubrique vérifie ces hypothèses, une couche après l’autre. Elle ne remplace pas les rubriques spécialisées : elle donne le vocabulaire et les mécanismes sans lesquels leurs recommandations restent des actes de foi.

L’ordre de lecture proposé suit le trajet d’une donnée qui entre puis descend dans la machine : le réseau d’abord, parce que c’est par lui qu’arrive presque tout ; puis le système d’exploitation, qui décide qui a le droit de faire quoi ; puis la mémoire, où naissent les vulnérabilités les plus anciennes et les plus tenaces ; puis le matériel et le démarrage, qui sont la racine de confiance de tout le reste ; la virtualisation, qui partage ce matériel entre locataires qui ne se connaissent pas ; l’infrastructure physique, que l’on oublie jusqu’à la coupure de courant ; et la théorie, qui dit ce qu’un modèle de sécurité garantit vraiment. Chaque partie se lit seule, mais une page de mémoire se comprend mieux après celle sur le système, et une page sur l’attestation après celle sur le micrologiciel.

Une organisation qui néglige les fondations bâtit ses contrôles sur des hypothèses que personne n’a vérifiées. L’application la mieux écrite ne voit rien d’un détournement de routage, le chiffrement du disque ne pèse pas grand-chose face à un micrologiciel modifié qui s’exécute avant lui, et l’isolation entre clients d’un même serveur repose sur un hyperviseur dont personne ne suit les correctifs. Pire, les traces d’une compromission à ces étages se trouvent précisément là où la journalisation n’a jamais été configurée : l’incident existe bel et bien, sa chronologie beaucoup moins.

Tout ce qu’on protège en informatique repose sur des couches plus basses, et cette rubrique les parcourt du bas vers le haut. Le réseau transporte les données en petits paquets, guidés par des adresses et des routes, avec un système qui traduit les noms de sites en adresses et une horloge commune dont dépendent les certificats et les journaux ; il a son propre chapitre, très complet. Le système d’exploitation, par exemple Linux ou Windows, décide quels programmes tournent et qui a le droit de lire ou modifier quoi ; dans les entreprises, un annuaire central gère les comptes et leurs droits, et une mauvaise délégation dans cet annuaire ouvre un chemin direct vers l’administration de tout le parc. La mémoire de l’ordinateur est découpée en zones ; quand un programme écrit en dehors de la sienne, une faille apparaît, et des protections rendent les adresses imprévisibles ou interdisent d’exécuter des données. Le matériel lui-même peut fuir : le temps de calcul ou la consommation électrique trahissent parfois un secret, et le démarrage mesuré enregistre chaque logiciel lancé à l’allumage pour pouvoir le prouver ensuite. La virtualisation fait tourner plusieurs machines logiques sur une seule machine physique, et tout dépend de l’étanchéité entre elles. Viennent enfin les câbles et les badges d’accès aux bâtiments, puis la théorie, qui décrit mathématiquement ce qu’un modèle d’accès garantit et combien d’information un canal caché peut laisser sortir. Si une couche basse cède, toutes les protections construites au-dessus perdent leur valeur, même si elles fonctionnent parfaitement.

Création : Mise à jour :