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Routage

Réseau

Mécanisme par lequel un routeur choisit, pour chaque paquet IP, le prochain saut et l'interface de sortie en consultant sa table de routage. Il relie des réseaux distincts, alors que la commutation reste cantonnée à un même réseau local.

Schéma du routage d'un paquet. L'hôte A envoie un paquet IP pour 203.0.113.5 au routeur 1, via la passerelle par défaut. Le routeur 1 cherche dans sa table de routage le préfixe le plus long. Ensuite, trois cas : si un préfixe précis est trouvé, le paquet est transmis au routeur 2, le prochain saut, avec le TTL décrémenté. Si aucun préfixe précis n'existe, le paquet part vers la route par défaut 0.0.0.0/0. Si le TTL tombe à zéro, le paquet est détruit et l'hôte A reçoit un message ICMP Time Exceeded. Pour finir, le routeur 2 livre le paquet à l'hôte B sur le réseau local de destination.

Table de routage : Chaque entrée associe un préfixe de destination (10.0.0.0/8, par exemple) à un prochain saut et à une interface. Le routeur retient la correspondance la plus longue (longest prefix match), et se rabat sur la route par défaut 0.0.0.0/0 si aucune entrée plus précise ne correspond.

Statique ou dynamique : Les routes statiques se saisissent à la main ; les protocoles de routage (OSPF au sein d'un domaine, BGP entre opérateurs) les calculent et les échangent tout seuls. Vingt ans de métier apprennent que la route statique « provisoire » ajoutée un vendredi soir survit en général à trois renouvellements de matériel et à deux départs à la retraite.

Saut par saut : Aucun routeur ne connaît le chemin complet : chacun décide seulement du prochain saut, avec l'aplomb de qui indique une direction sans savoir ce qu'il y a au bout. Il décrémente aussi le TTL (Time To Live, durée de vie du paquet) : le paquet est détruit quand il atteint zéro, ce qui évite qu'un paquet mal orienté fasse carrière à tourner entre deux routeurs qui se le renvoient.

Ce qui arrive si on s'en passe

Sans routage, chaque réseau local reste isolé : un paquet destiné à une adresse hors du sous-réseau n'a ni prochain saut ni interface de sortie, il est donc abandonné et l'émetteur reçoit au mieux une erreur « réseau injoignable ». L'accès à Internet, aux serveurs d'un autre sous-réseau et aux sources de mises à jour cesse. Contourner ce manque en regroupant toutes les machines dans un seul réseau commuté a un coût : il n'existe plus de point de passage entre zones où filtrer ou journaliser le trafic, et toutes les machines partagent le même domaine de diffusion. Une usurpation ARP ou une écoute des diffusions atteint alors l'ensemble des hôtes, et pas seulement un segment. Un poste compromis peut joindre directement tous les autres, sans frontière de niveau 3 pour le freiner ni garder trace de ses échanges.

Explication de la marmotte

Imagine qu'Internet est un immense réseau de routes plein de carrefours. Quand tu envoies un message, il est découpé en petits colis qui portent chacun l'adresse du destinataire. À chaque carrefour, un aiguilleur regarde l'adresse et consulte son panneau : « pour ce quartier, prendre telle sortie ». Il ne connaît pas tout le trajet, seulement la prochaine direction. Le carrefour suivant refait la même chose, et ainsi de suite jusqu'à l'arrivée. Si un aiguilleur ne reconnaît pas l'adresse, il envoie le colis vers une grande sortie générale qui mène plus loin. Le routage, c'est ce choix de direction répété à chaque carrefour.

Où ce terme est utilisé

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