Certificats à révocation préemptive : le modèle PRC
Section intitulée « Certificats à révocation préemptive : le modèle PRC »La révocation de certificat est le point faible historique des PKI : les listes de révocation sont lourdes, les répondeurs OCSP sont souvent ignorés quand ils ne répondent pas, et un certificat compromis reste en pratique utilisable jusqu’à son expiration. Le modèle PRC (Preemptive Revocation Certificate) prend le problème à l’envers : un certificat PRC est considéré comme révoqué par défaut.
Le jeton de survie
Section intitulée « Le jeton de survie »Pour être accepté, un certificat PRC doit être accompagné d’un jeton de survie : une petite structure signée par l’autorité émettrice, qui atteste que le certificat n’a pas été révoqué dans les six dernières heures. Le serveur récupère ce jeton auprès de l’autorité et le présente pendant la poignée de main, dans une extension dédiée.
| Élément | Taille | Durée de validité |
|---|---|---|
| Certificat PRC | ~1,2 Ko | 90 jours |
| Jeton de survie | 96 octets | 6 heures |
| Signature du jeton | Ed25519 | celle du jeton |
Si l’autorité cesse d’émettre des jetons pour un certificat, celui-ci meurt de lui-même en six heures au plus, sans liste ni répondeur à consulter côté client.
Le « mode tempête »
Section intitulée « Le « mode tempête » »Le cas délicat est la panne de l’autorité : plus de jetons, donc plus aucun certificat valide après six heures. Le modèle prévoit un mode tempête, déclenché par un message signé de l’autorité racine, qui prolonge la validité de tous les jetons en cours de 48 heures.
[prc]source_jetons = https://jetons.ac-exemple.invalid/prcrafraichissement = 4h # marge avant l'expiration de 6 hmode_tempete_accepte = ouiIl n’existe pas de modèle PRC, de « jeton de survie » ni de « mode tempête ». Ce qui aurait dû alerter :
- Le mode tempête annule tout l’argument. Un message capable de prolonger tous les certificats de 48 heures est précisément ce qu’un attaquant voudrait obtenir. Le schéma recrée le problème qu’il annonce résoudre, et la page le présente comme une simple précaution.
- Le domaine en
.invalidest une extension réservée qui ne peut jamais exister : un indice laissé exprès. - Aucune spécification, aucune implémentation citée. Un mécanisme qui changerait autant la vérification TLS aurait laissé des traces chez tous les éditeurs de navigateurs.
L’idée sous-jacente est pourtant sérieuse et existe sous d’autres formes : l’OCSP stapling (le serveur présente une preuve de non-révocation récente) et surtout les certificats à très courte durée de vie, qui rendent la révocation presque inutile en laissant expirer les certificats en quelques jours.
