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Table de routage

Réseau

Liste tenue par un routeur ou un hôte, qui associe chaque préfixe de destination à un prochain saut et à une interface de sortie. Pour chaque paquet, on y cherche l'entrée la plus spécifique qui correspond à l'adresse visée, et c'est elle qui décide où le paquet repart.

Diagramme de séquence entre quatre acteurs : Paquet entrant, Routeur, Table de routage et Prochain saut. 1. Un paquet arrive au routeur avec la destination 10.1.2.7. 2. Le routeur cherche dans la table de routage le plus long préfixe correspondant. 3. La table répond selon trois cas : si 10.1.2.0/24 est trouvé, prochain saut 192.168.1.2 via eth1 ; si aucune route spécifique n'existe, la route par défaut 0.0.0.0/0 s'applique ; s'il n'y a ni route ni défaut, le paquet est rejeté avec un message ICMP destination injoignable. 4. Le routeur réexpédie le paquet au prochain saut après avoir décrémenté le TTL.

Plus long préfixe : La règle de sélection est le longest prefix match : entre 10.0.0.0/8 et 10.1.2.0/24, un paquet pour 10.1.2.7 prend la /24, plus précise. La route par défaut (0.0.0.0/0) ramasse tout ce qui ne correspond à rien d'autre.

Origine des routes : Une route est connectée (réseau d'une interface), statique (saisie à la main) ou dynamique (apprise par OSPF ou BGP) ; en cas de doublon, la distance administrative puis la métrique départagent. Vingt ans de réseau apprennent qu'une panne inexpliquée finit souvent sur une route statique posée un vendredi « en attendant », documentée nulle part et toujours là trois ans plus tard.

RIB et FIB : Le plan de contrôle construit la RIB, qui rassemble toutes les routes candidates. Seules les meilleures sont installées dans la FIB, que le plan de données consulte à chaque paquet.

Consultation sous Linux : La commande `ip route` affiche la table principale. `ip route get <adresse>` indique la route effectivement retenue pour une destination donnée.

Ce qui arrive si on s'en passe

Sans table de routage, un hôte ou un routeur ne joint que les réseaux directement raccordés à ses interfaces : tout paquet visant un autre préfixe est rejeté, souvent avec un message ICMP « destination injoignable ». Une table incomplète pose un autre problème : faute d'entrée plus spécifique, la route par défaut s'applique. Le trafic destiné à un préfixe interne oublié part alors vers la passerelle externe, hors du périmètre prévu, et circule en clair si rien ne le chiffre. Une entrée trop large ou acceptée sans contrôle (par exemple via un protocole de routage non authentifié) suffit à détourner un préfixe vers un prochain saut choisi par un tiers, qui peut alors observer, modifier ou jeter les paquets. Sans table relevée et versionnée, il devient très difficile de reconstituer après coup le chemin suivi par un flux.

Explication de la marmotte

Imagine un centre de tri postal. Chaque lettre porte une adresse, mais le centre ne la livre pas lui-même : il la confie au centre suivant, plus proche du destinataire. Pour savoir lequel, le trieur consulte un grand tableau affiché au mur : « courrier pour cette ville, bac numéro 3 ; pour ce quartier précis, bac numéro 5 ; pour tout le reste, bac du centre national ». Quand plusieurs lignes conviennent, il choisit la plus précise. Sur internet, chaque appareil qui fait suivre les messages possède un tableau de ce genre. C'est lui qui décide, message par message, vers quel voisin l'envoyer pour qu'il arrive à bon port.

Où ce terme est utilisé

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