L'adressage IP en une page
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Une adresse IP n’est qu’un nombre de 32 bits auquel on a appris à se tenir en quatre morceaux, et c’est déjà plus de discipline qu’on n’en exige de la plupart des réseaux d’entreprise.
L’essentiel
Section intitulée « L’essentiel »- Le préfixe (
/26) dit combien de bits, à gauche, désignent le réseau ; le reste désigne la machine. Le masque (255.255.255.192) dit la même chose en plus long. - Un bloc de n bits d’hôte contient 2ⁿ adresses. Sur un réseau local classique, la première nomme le réseau et la dernière sert à la diffusion : il reste 2ⁿ − 2 machines.
- Découper, c’est emprunter des bits à l’hôte : deux bits pris au /24 donnent quatre /26, qui avancent de 64 en 64 dans le dernier octet.
- Les plages privées (RFC 1918) ne sont pas routées sur Internet ; pour sortir, elles passent par une traduction d’adresses, souvent doublée chez l’opérateur par le CGNAT de
100.64.0.0/10. - Une adresse en
169.254.x.xne signale presque jamais un réseau original, mais un DHCP qui n’a pas répondu. - IPv6 n’est pas « IPv4 en plus grand » : pas de diffusion, du multicast à la place, une adresse de lien local toujours présente et un /64 par réseau local, quel que soit le nombre de machines.
- « Les classes A, B et C existent toujours. » Faux. Elles sont mortes en 1993, enterrées par CIDR (RFC 1519, remplacée par la RFC 4632). On continue pourtant de les enseigner comme vivantes, avec la piété qu’on doit aux défunts. Un /16 n’est pas une « classe B » : c’est un /16.
- « L’adresse de bouclage est 127.0.0.1 ». Faux. C’est tout
127.0.0.0/8, soit seize millions d’adresses réservées pour qu’une machine se parle à elle-même.127.0.0.1n’est que la plus connue. - « Nombre d’hôtes = 2ⁿ − 2 », toujours. Faux. Un /31 sur un lien point à point a deux hôtes et ni réseau ni diffusion (RFC 3021) ; un /32 désigne une seule machine.
- « Le NAT protège ». Faux. Le NAT traduit des adresses ; ce qui bloque les connexions entrantes non sollicitées, c’est le filtrage d’état qui l’accompagne. Une traduction n’a jamais été un pare-feu, pas plus qu’une fausse moustache n’est un alibi.
- « En IPv6, pas de NAT, donc pas besoin de pare-feu ». Faux. C’est l’inverse : les machines ont des adresses globales joignables, et seul un filtrage explicite décide de ce qui entre.
Pour aller plus loin : IPv4, CIDR et plans d’adressage · IPv6, autoconfiguration et coexistence · NAT, translations et publication de services · Décision de chemin et routage · Couches et vocabulaire de paquets.
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