Réseau
SDH : Synchronous Digital Hierarchy. « Hiérarchie numérique synchrone », par analogie avec un train de wagons qui part à heure fixe, chaque voyageur ayant sa place numérotée même quand il ne vient pas.
Principe : SDH transporte des flux numériques par multiplexage temporel synchrone : chaque circuit occupe des intervalles fixes dans une trame cadencée par une horloge commune. Le premier niveau, le STM-1 (Synchronous Transport Module de niveau 1), offre 155,52 Mbit/s, et les niveaux supérieurs en sont des multiples.
Cousin américain : SDH est le pendant international, normalisé par l'Union internationale des télécommunications, de SONET utilisé en Amérique du Nord ; les deux sont largement interopérables.
Protection en anneau : Les réseaux SDH sont souvent bâtis en anneaux avec basculement automatique sur un chemin de secours en cas de coupure de fibre. Cette qualité d'opérateur explique sa longévité, et la réticence des ingénieurs à débrancher ce qui marche depuis des décennies explique le reste.
Déclin : Conçu pour la voix, SDH gaspille la capacité réservée aux circuits inactifs. Ethernet opérateur, MPLS et le transport optique en WDM le remplacent progressivement.
Ce qui arrive si on s'en passe
Un anneau SDH sans basculement automatique sur un chemin de secours transforme une coupure de fibre en interruption de tous les circuits qu'il porte. Une horloge commune défaillante ou mal distribuée désorganise le multiplexage temporel, dont chaque intervalle suppose une cadence exacte. Conserver SDH sans en préparer la sortie a un autre coût : la capacité réservée aux circuits inactifs reste gaspillée, et les équipements vieillissent en même temps que les compétences pour les exploiter. La longévité est une vertu chez un réseau ; elle devient un problème le jour où le dernier ingénieur qui savait le configurer part à la retraite.
Explication de la marmotte
Pour transporter beaucoup de conversations téléphoniques sur une même fibre, les opérateurs ont longtemps utilisé une technique très ordonnée : le temps est découpé en petites cases qui se répètent à un rythme parfaitement régulier, et chaque conversation reçoit toujours la même case. C'est comme un tapis roulant de sushis où chaque assiette a sa place réservée à un client précis. Tout est prévisible et fiable, même si une place reste vide quand son client ne mange pas. Cette technique a structuré les grands réseaux pendant des décennies.
Où ce terme est utilisé
- MPLS, GMPLS, SD-WAN et overlays opérateurs (5 occurrences)
- Accès terrestres, fibre, cuivre et réseaux câblés (3 occurrences)
