Cryptographie
ESIGN : Efficient digital SIGNature. « Signature numérique efficace », par analogie avec un paraphe rapide griffonné là où une signature complète prendrait trop de temps.
Origine : Schéma de signature proposé par Tatsuaki Okamoto et ses collègues, conçu pour signer plus vite que RSA. Sa sécurité s'appuie sur la difficulté de factoriser un module de forme particulière, du type p²q.
Historique : Les premières versions ont subi des attaques qui ont conduit à relever les paramètres et à revoir la construction. Un schéma baptisé « efficace » qui passe une partie de sa jeunesse à se faire corriger, c'est un classique du genre.
Déploiement : ESIGN reste marginal en pratique et absent des profils courants des protocoles et des infrastructures à clés publiques. Le connaître sert surtout à lire la littérature ou à auditer un existant.
Recommandation : Pour une nouvelle architecture, on préfère des schémas largement analysés et normalisés, comme ECDSA, les signatures RSA avec bourrage probabiliste, ou les signatures post-quantiques normalisées.
Ce qui arrive si on s'en passe
Retenir ESIGN pour une nouvelle architecture, c'est choisir un schéma marginal, absent des profils courants des protocoles et des infrastructures à clés publiques, dont les premières versions ont dû être corrigées après des attaques. Bibliothèques, audits et outils de vérification y sont rares, si bien qu'une erreur d'implémentation a toutes les chances de rester longtemps discrète, et l'interopérabilité s'arrête à la frontière du système qui l'a adopté. Des schémas largement analysés comme ECDSA ou RSA avec bourrage probabiliste font le même travail sous des regards nombreux. Signer vite n'a jamais dispensé de signer de façon vérifiable, même si l'on comprend la tentation chez les gens pressés.
Explication de la marmotte
Une signature numérique sert à prouver qu'un message vient bien de quelqu'un et n'a pas été modifié, un peu comme un cachet de cire impossible à imiter. Il existe plusieurs recettes mathématiques pour fabriquer ces cachets. Celle-ci a été inventée au Japon pour aller plus vite que les recettes les plus connues. Elle a eu besoin de plusieurs corrections après la découverte de faiblesses, et presque personne ne l'utilise aujourd'hui. On la rencontre surtout dans les livres et les articles de recherche.
