Cryptographie
ML-DSA : Module-Lattice-Based Digital Signature Algorithm. « Algorithme de signature numérique fondé sur les réseaux euclidiens modulaires », par analogie avec un cachet dont l'empreinte se cache dans un quadrillage si vaste que même une machine d'un genre nouveau s'y perdrait.
Origine : Normalisé par le NIST dans FIPS 204, ML-DSA est issu de CRYSTALS-Dilithium, l'un des lauréats de la compétition post-quantique. Sa sécurité repose sur des problèmes de réseaux euclidiens réputés difficiles, y compris pour un ordinateur quantique.
Compromis : Signatures et clés publiques sont nettement plus volumineuses qu'avec ECDSA, de l'ordre du kilooctet, alors que signer et vérifier restent rapides. Les protocoles qui comptaient chaque octet de poignée de main vont découvrir la notion de régime.
Niveaux : Plusieurs jeux de paramètres existent (ML-DSA-44, ML-DSA-65, ML-DSA-87), qui échangent taille contre marge de sécurité.
Migration : Il vise à remplacer progressivement RSA et ECDSA, souvent d'abord en mode hybride avec une signature classique. L'intégration dans les PKI, les HSM et les protocoles se fait par étapes.
Ce qui arrive si on s'en passe
Rester uniquement sur des signatures RSA ou à courbes elliptiques expose à un risque différé : un ordinateur quantique suffisamment puissant permettrait de retrouver les clés privées à partir des clés publiques, donc de fabriquer des signatures valides, des certificats ou des mises à jour logicielles acceptés comme authentiques. Les objets signés à longue durée de vie, comme les racines de confiance, les micrologiciels embarqués ou les documents archivés, sont les plus exposés. Sans préparation, la migration devra se faire dans l'urgence, avec des formats, des tailles de messages et des équipements qui n'auront jamais été testés.
Explication de la marmotte
Une signature électronique prouve qu'un document vient bien de son auteur et n'a pas été modifié. Les signatures utilisées aujourd'hui reposent sur des casse-têtes mathématiques qu'un futur type d'ordinateur, très différent des nôtres, pourrait résoudre. Cette méthode-ci s'appuie sur un autre casse-tête : retrouver un point précis caché dans un immense quadrillage à des centaines de dimensions. Personne ne sait le résoudre vite, même avec ces futures machines. Elle a été choisie et publiée comme référence officielle aux États-Unis. Seul défaut : les signatures sont plus grosses.
Où ce terme est utilisé
- Dimensionner un HSM pour la migration post-quantique (9 occurrences)
- Intégrer la cryptographie post-quantique dans TLS (5 occurrences)
- Préparer la migration post-quantique (5 occurrences)
- Informatique quantique : histoire, acteurs, usages et avenir (2 occurrences)
- Le post-quantique hybride (1 occurrence)
- Les problèmes difficiles qui rendent la clé publique possible (1 occurrence)
- Signer numériquement : preuve publique, politiques de vérification (1 occurrence)
