Cryptographie
Discipline qui s'appuie sur les mathématiques pour protéger l'information : la rendre illisible aux indiscrets, garantir qu'elle n'a pas été modifiée et prouver qui l'a produite. Elle fournit les briques (chiffrement, hachage, signature) sur lesquelles repose la sécurité informatique.
Confidentialité : Le chiffrement transforme un message en bouillie illisible sans la bonne clé. En symétrique (AES, ChaCha20), une même clé sert à chiffrer et à déchiffrer. En asymétrique, une clé publique chiffre et seule la clé privée associée déchiffre (RSA-OAEP) ; les courbes elliptiques, elles, servent surtout à établir une clé commune ou à signer, pas à chiffrer le message lui-même.
Intégrité et authenticité : Les fonctions de hachage, les MAC et les signatures numériques détectent la moindre altération et rattachent un message à son émetteur. Chiffrer sans authentifier, c'est livrer un colis scellé que n'importe qui peut remplacer en route.
Principe de Kerckhoffs : La sécurité doit reposer uniquement sur le secret de la clé, jamais sur celui de l'algorithme. Un algorithme maison gardé secret ne protège rien : il retarde seulement le jour où quelqu'un le lit, et ce jour arrive en général bien avant la retraite de son auteur.
Primitives et protocoles : On assemble des primitives éprouvées (chiffrement, hachage, échange de clés) dans des protocoles comme TLS. L'essentiel des failles vient de l'assemblage et de la gestion des clés, rarement des mathématiques : RSA résiste depuis la fin des années 1970, ce qu'on ne peut pas toujours dire du fichier de configuration où dort sa clé privée.
Ce qui arrive si on s'en passe
Sans cryptographie, toute donnée qui circule sur un réseau ou reste stockée sur un disque est lisible par quiconque y accède : un intermédiaire placé sur le chemin lit tels quels les identifiants, les jetons de session et le contenu des échanges. Aucune modification n'est détectable : un fichier, une mise à jour ou un message altéré en transit est accepté comme authentique, puisqu'aucune empreinte ni signature ne révèle l'écart. L'origine devient invérifiable : un serveur usurpé ne se distingue pas du vrai, et un auteur peut nier ce qu'il a produit. Les mots de passe conservés sans hachage apparaissent en clair dès la moindre fuite de la base. Enfin, journaux et sauvegardes perdent leur valeur de preuve, car rien ne démontre qu'ils n'ont pas été réécrits.
Explication de la marmotte
Imaginons qu'on veuille passer un petit mot à une amie en plein cours, sans que les voisins puissent le lire. On se met d'accord à l'avance sur une règle secrète, par exemple décaler chaque lettre de trois rangs dans l'alphabet. Le mot devient un charabia pour tout le monde, sauf pour elle. C'est l'idée de la cryptographie : des méthodes mathématiques pour cacher un message, vérifier qu'il n'a pas été modifié en route et prouver qui l'a écrit. Les ordinateurs s'en servent en permanence, quand on paie en ligne ou qu'on envoie un message depuis son téléphone, avec des règles bien plus difficiles à deviner.
Où ce terme est utilisé
- Héritage, politique et limites de la cryptographie (10 occurrences)
- Informatique quantique : histoire, acteurs, usages et avenir (9 occurrences)
- Les problèmes difficiles qui rendent la clé publique possible (7 occurrences)
- Chaînes de blocs, wallets et cryptographie économique (6 occurrences)
- Préparer la migration post-quantique (6 occurrences)
- Réseaux spécialisés, sobriété avancée et futurs raisonnables (6 occurrences)
- Récolter maintenant, déchiffrer plus tard (5 occurrences)
- Cryptographie (4 occurrences)
- Équité, vote, contrats et divulgation contrôlée (4 occurrences)
- Gouverner la cryptographie: inventaire, agilité et conformité (4 occurrences)
