Infrastructure
ZIP : nom du format d'archive compressée créé en 1989 par Phil Katz (société PKWARE), qui n'est le développement de rien du tout, le mot évoquant seulement la rapidité (« zip » se dit d'une fermeture éclair). « La valise dans laquelle on range plusieurs fichiers en les tassant, et sur laquelle on oublie souvent son étiquette », par analogie avec le bagage en soute : le contenu voyage fermé, mais le nom du propriétaire, la date du départ et parfois la langue du pays restent écrits dessus.
Ce que l'archive révèle : Chaque entrée conserve son nom, son chemin d'origine, sa date de modification (en heure locale, sans fuseau) et éventuellement un commentaire. Un chemin du type « C:\Users\prenom.nom\… », un fuseau horaire déductible ou un encodage de noms de fichiers propre à une langue suffisent à orienter une attribution, ou à la fausser quand un attaquant les fabrique exprès.
Chiffrement : Le chiffrement historique ZipCrypto est cassable par attaque à texte clair connu depuis 1994. Le chiffrement AES ajouté ensuite est solide, mais la liste des fichiers, leurs tailles et leurs dates restent lisibles sans mot de passe : l'archive est fermée à clé, l'inventaire est collé sur le couvercle.
Pièges à l'extraction : Une entrée nommée « ../../etc/… » peut écrire hors du dossier prévu (attaque dite Zip Slip) si l'outil d'extraction ne vérifie pas les chemins ; une « bombe de décompression » de quelques kilooctets peut occuper des gigaoctets une fois dépliée. Les messageries et les antivirus voient aussi dans les archives chiffrées un moyen classique de faire passer un logiciel malveillant sans inspection.
Homonyme : Aux États-Unis, le ZIP code est le code postal (Zone Improvement Plan) ; rien à voir avec le format d'archive, sinon que les deux servent à faire arriver un colis.
Ce qui arrive si on s'en passe
Envoyer une archive ZIP sans en nettoyer les métadonnées revient à signer son envoi : noms d'utilisateur dans les chemins, horaires de travail dans les dates, langue du système dans l'encodage. Côté réception, extraire une archive avec un outil qui ne contrôle pas les chemins permet à un fichier piégé d'écraser un script de démarrage ou une configuration hors du dossier cible. Se fier à un ZIP « chiffré » en ZipCrypto pour protéger des données revient à confier ses secrets à un cadenas de journal intime, que l'on ouvre en quelques minutes avec les outils publics.
Explication de la marmotte
Un fichier ZIP est une sorte de boîte qui regroupe plusieurs fichiers et les compresse pour qu'ils prennent moins de place. Mais la boîte garde des informations sur son contenu : le nom des fichiers, les dossiers d'où ils viennent, la date à laquelle ils ont été modifiés. Ces détails peuvent trahir qui a fabriqué l'archive, ou servir à faire croire que c'est quelqu'un d'autre. Il faut aussi se méfier à l'ouverture : une archive piégée peut tenter de déposer des fichiers ailleurs que dans le dossier choisi.
Où ce terme est utilisé
- Frontières : cacher, coder, compresser et détruire (2 occurrences)
- Comment attribuer techniquement une cyberattaque (1 occurrence)
- Déployer DMARC de observation à reject (1 occurrence)
- Interpol cybercriminalité et coopération policière mondiale (1 occurrence)
- Protéger les données au repos : disque, base, sauvegarde (1 occurrence)
