Gestion des clés
PAKE : Password-Authenticated Key Exchange. « Échange de clés authentifié par mot de passe », par analogie avec deux complices qui se reconnaissent à un mot de passe chuchoté sans jamais le prononcer à voix haute devant témoin.
Principe : Deux parties qui partagent un mot de passe (ou une donnée dérivée) en tirent une clé de session forte, sans que le mot de passe circule sur le réseau. Un observateur passif n'obtient rien d'exploitable pour tester des mots de passe hors ligne.
Attaques en ligne : Un attaquant actif peut toujours tenter un mot de passe par échange avec le serveur. D'où la nécessité de limiter le nombre de tentatives : le protocole garantit qu'on ne teste qu'un candidat par essai, pas qu'on ne teste rien.
Familles : Les PAKE équilibrés (EKE et ses descendants) supposent le même secret des deux côtés. Les PAKE augmentés, comme OPAQUE, évitent que le serveur stocke de quoi se faire passer directement pour le client.
Usage : On en trouve dans des protocoles d'appairage et d'authentification sans certificat. Le concept a plus de trente ans de littérature, ce qui n'a pas empêché le mot de passe envoyé en clair dans un formulaire de rester le champion du déploiement.
Ce qui arrive si on s'en passe
Sans échange de clés authentifié par mot de passe, une authentification fondée sur un mot de passe envoie soit le mot de passe lui même, soit une valeur qui en dérive directement. Quiconque capture l'échange peut alors lancer une attaque par dictionnaire hors ligne, à son rythme, sans aucune limite de tentatives. Si le canal n'est pas protégé par ailleurs, un intermédiaire peut aussi relayer ou rejouer l'échange. Un tel protocole ne dispense pas de limiter les essais en ligne ni de choisir des mots de passe robustes : il retire seulement la possibilité de tester des candidats hors ligne à partir du trafic observé.
Explication de la marmotte
Deux personnes connaissent le même mot secret et veulent se parler en privé sur une ligne écoutée. Au lieu de dire le mot secret, chacune fait un calcul mathématique qui mélange ce mot avec des nombres tirés au hasard, puis elles s'échangent les résultats. Si les deux connaissaient bien le même mot, elles tombent sur un même code commun qui servira à brouiller la suite de la conversation. Celui qui écoute voit passer les résultats, mais ne peut pas s'en servir pour deviner tranquillement le mot secret chez lui : pour essayer un mot, il doit se présenter en direct, et on peut l'arrêter après quelques échecs.
Où ce terme est utilisé
- Authentifier les personnes et les services (3 occurrences)
- Établir une clé : Diffie-Hellman, KEM et HPKE (1 occurrence)
