Cryptographie
OPAQUE est un protocole d'échange de clés authentifié par mot de passe, conçu pour éviter qu'une fuite de la base serveur permette de tester tranquillement des milliers de mots de passe hors ligne. Il combine un échange de clé avec une fonction pseudorandom oblivious, sans révéler le mot de passe au serveur.
Résistance au dictionnaire : Lorsqu'un attaquant vole la base d'authentification, OPAQUE ne lui fournit pas un format pratique pour vérifier rapidement des mots de passe devinés. Les essais restent liés à des échanges avec le serveur, où ils peuvent être ralentis et surveillés.
Fonctionnement : Le client transforme le mot de passe avec une fonction pseudorandom oblivious, puis participe à un échange de clé authentifié. Le serveur conserve une enveloppe protégée, pas le mot de passe en clair ni une simple empreinte facile à attaquer.
Limites : OPAQUE ne rend pas un mot de passe faible miraculeusement solide : les attaques en ligne restent possibles si les tentatives ne sont pas limitées. Il faut aussi une bibliothèque correctement implémentée et des paramètres cryptographiques sérieux.
Ce qui arrive si on s'en passe
Sans OPAQUE, un serveur d'authentification par mot de passe conserve une empreinte que l'attaquant qui vole la base peut attaquer hors ligne, tranquillement et sans limite, en testant des milliers de mots de passe devinés loin de toute surveillance. Le mot de passe transite en outre par le serveur à chaque connexion, où un journal trop bavard ou un processus compromis peut le recueillir. Adopter OPAQUE sans limiter les tentatives laisse néanmoins ouvertes les attaques en ligne contre les mots de passe faibles. Le protocole ne rend pas « 123456 » plus solide ; il interdit seulement de le découvrir dans le confort de son salon.
Explication de la marmotte
Imagine une serrure qui permet de prouver la connaissance d'un mot secret sans le montrer. Le serveur garde une boîte préparée à partir de ce secret, mais cette boîte ne permet pas de tester tranquillement une longue liste de mots volés. Pour chaque connexion, le téléphone et le serveur fabriquent ensemble une clé secrète, comme deux personnes qui mélangent leurs ingrédients sans révéler leurs recettes. Un voleur peut encore essayer de se connecter, mais il ne peut plus vérifier des millions de suppositions dans son coin.
Où ce terme est utilisé
- Authentifier les personnes et les services (6 occurrences)
- Établir une clé : Diffie-Hellman, KEM et HPKE (1 occurrence)
