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IP : Internet Protocol

Réseau

IP : Internet Protocol. « Protocole d'Internet », par analogie avec l'adresse écrite sur une enveloppe, que chaque bureau de tri lit sans jamais ouvrir la lettre.

Acheminement au mieux : IP découpe le trafic en paquets portant chacun une adresse source et une adresse de destination, puis les confie de routeur en routeur. Il ne promet ni l'arrivée, ni l'ordre, ni l'absence de doublons : ces vertus bourgeoises sont laissées à TCP.

Deux versions : IPv4 code les adresses sur 32 bits, ce qui a suffi jusqu'au jour où il a fallu raccorder la planète entière, grille-pain compris. IPv6 passe à 128 bits et allège l'en-tête.

Durée de vie : Chaque paquet porte un compteur TTL décrémenté à chaque saut ; arrivé à zéro, le paquet est détruit. C'est ce qui empêche une boucle de routage de faire tourner le même paquet jusqu'à la fin des temps.

Source déclarative : L'adresse source est écrite par l'émetteur lui-même, et rien dans IP ne la vérifie. L'authentification relève d'autres couches, comme IPSec ou TLS.

Ce qui arrive si on s'en passe

IP ne vérifie pas l'adresse source : c'est l'émetteur qui l'écrit, avec la sincérité qu'on veut bien lui prêter. Un réseau qui laisse sortir des paquets portant des adresses qui ne lui appartiennent pas permet à ses machines d'usurper celles des autres, ce qui sert notamment aux attaques par amplification, où la réponse volumineuse part vers la victime dont on a emprunté l'adresse. Un contrôle d'accès fondé sur la seule adresse source se contourne pour la même raison, et un journal qui la consigne enregistre une affirmation, pas un fait. L'adresse au dos de l'enveloppe a toujours été une déclaration, jamais une preuve, ce que les corbeaux savent depuis longtemps.

Explication de la marmotte

Internet fonctionne un peu comme la poste. Chaque message envoyé est découpé en petits morceaux, et chaque morceau reçoit une étiquette avec l'adresse de l'expéditeur et celle du destinataire. Des machines relais, placées tout le long du chemin, lisent l'étiquette et font suivre le morceau dans la bonne direction, sans regarder ce qu'il contient. Cette règle commune d'adressage permet à des milliards d'appareils différents de se retrouver. Elle a une limite : personne ne vérifie que l'adresse de l'expéditeur est vraie, un peu comme on peut écrire n'importe quel nom au dos d'une enveloppe.

Où ce terme est utilisé

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