Aller au contenu

Horodatage : Timestamping

Cryptographie

Valeur de date et d'heure attachée à un événement, une donnée ou un document pour indiquer quand il a eu lieu. Dans sa version de confiance, une autorité tierce signe cette valeur pour prouver qu'une donnée existait à un instant précis et n'a pas changé depuis.

Schéma en séquence entre trois acteurs : Client, TSA (autorité d'horodatage) et Vérificateur. 1. Le client calcule l'empreinte du document. 2. Il envoie à la TSA l'empreinte seule, jamais le document. 3. La TSA associe à cette empreinte l'heure de son horloge de référence, puis signe. 4. Elle renvoie au client le jeton signé. 5. Le client transmet au vérificateur le document et le jeton. 6. Le vérificateur contrôle la signature de la TSA et recalcule l'empreinte du document. Si elle correspond au jeton, le document est accepté, car il n'a pas changé. Sinon, il est rejeté, car il a changé.

Horodatage système : Le système d'exploitation colle l'heure de son horloge sur un log, un fichier ou une transaction, souvent en temps Unix ou au format ISO 8601 en UTC. La valeur ne vaut que ce que vaut l'horloge : sans synchronisation NTP, deux serveurs racontent deux histoires différentes.

Horodatage de confiance : On envoie l'empreinte d'un document (jamais le document lui-même) à une autorité d'horodatage, qui y associe l'heure et signe le tout selon la RFC 3161. Le jeton obtenu prouve l'antériorité sans rien révéler du contenu : c'est lui qui garde une signature électronique vérifiable après l'expiration du certificat du signataire, et c'est lui que réclame l'archivage probant. Le règlement eIDAS réserve la présomption d'exactitude de la date et d'intégrité des données au seul horodatage qualifié, délivré par un prestataire inscrit sur une liste de confiance nationale.

Le jeton vieillit aussi : Le certificat de l'autorité d'horodatage et la fonction de hachage qu'elle a employée ont eux-mêmes une durée de vie. Un dossier conservé dix ans se ré-horodate donc périodiquement, chaque nouveau jeton couvrant les précédents ; sans quoi la preuve se périme précisément le jour où l'on en a besoin.

Pièges classiques : Fuseaux horaires mélangés, passage à l'heure d'été, précision à la seconde quand les événements se suivent à la milliseconde : le désordre arrive vite. Vingt ans de métier apprennent qu'une horloge dérivée finit toujours par dater l'incident avant sa cause, ce qui complique beaucoup l'enquête et rassure énormément le coupable.

Ce qui arrive si on s'en passe

Sans horodatage fiable, un journal d'événements ne permet plus de reconstituer l'ordre des faits : relier une connexion suspecte à une modification de fichier sur deux machines devient incertain. Un attaquant qui dispose de droits d'écriture peut antidater une entrée ou modifier la date d'un fichier pour brouiller la chronologie d'une enquête. Sans horodatage de confiance signé par une autorité tierce, rien ne prouve qu'un document existait à une date donnée ni qu'il n'a pas changé depuis : la valeur probante d'un contrat, d'une facture ou d'un journal d'audit devient contestable. Une signature électronique perd aussi sa validité vérifiable après l'expiration ou la révocation du certificat du signataire, faute de preuve qu'elle a été apposée pendant sa période de validité. Enfin, un contrôle anti-rejeu qui repose sur la fraîcheur d'un message n'écarte plus un jeton ancien réutilisé.

Explication de la marmotte

Un horodatage, c'est noter l'heure exacte à laquelle quelque chose s'est passé sur un ordinateur : un message envoyé, un fichier enregistré, une erreur. C'est comme le cachet de la poste sur une lettre, qui prouve la date d'envoi. Parfois, on veut une preuve que personne ne peut contester. On confie alors à un organisme neutre une sorte d'empreinte du document, un petit résumé impossible à falsifier, et cet organisme y appose son cachet daté. Plus tard, n'importe qui peut vérifier que le document existait bien à ce moment-là et qu'il n'a pas été modifié depuis. Encore faut-il que les horloges soient à l'heure.

Où ce terme est utilisé

← Tout le glossaire