Sécurité
EAL : Evaluation Assurance Level. « Niveau d'assurance de l'évaluation », par analogie avec le nombre d'heures qu'un inspecteur a passé dans une maison : il renseigne sur le sérieux de la visite, pas sur la solidité des murs qu'on ne lui a pas montrés.
Cadre : Échelle des Critères communs (norme ISO/IEC 15408), graduée en sept niveaux, du test fonctionnel sommaire au premier niveau jusqu'à la conception vérifiée formellement au septième.
Profondeur, pas force : Le niveau mesure la rigueur de l'évaluation, pas la robustesse du produit. Un EAL élevé sur un périmètre ridicule reste un certificat magnifique pour pas grand-chose, ce qui n'a jamais empêché de l'encadrer dans le hall d'accueil.
Cible de sécurité : Tout se lit à travers la cible de sécurité : le document qui fixe le périmètre évalué, les menaces considérées et les hypothèses d'environnement. Sans elle, le chiffre ne veut rien dire.
Augmentations : Un « + » après le niveau signale des exigences ajoutées, par exemple une analyse de vulnérabilités plus poussée ; les cartes à puce et les HSM en affichent souvent.
Ce qui arrive si on s'en passe
Sans évaluation indépendante, les promesses de sécurité d'un produit ne reposent que sur la parole de son fabricant : personne d'extérieur n'a lu la conception, testé les interfaces ni tenté de contourner les protections. Les défauts découverts le sont alors en production, par les utilisateurs ou par les attaquants. À l'inverse, se fier au seul chiffre sans lire la cible de sécurité expose à une autre déconvenue : une fonction ou une configuration hors du périmètre évalué ne bénéficie d'aucune garantie, et un produit certifié peut être déployé dans un mode qui n'a jamais été examiné. Le certificat porte aussi sur une version précise ; une mise à jour majeure en sort.
Explication de la marmotte
Quand un produit de sécurité, comme une carte à puce ou un pare-feu, est vendu comme « sûr », il faut quelqu'un d'extérieur pour le vérifier. Des laboratoires indépendants l'examinent selon des règles internationales et lui attribuent un niveau, de 1 à 7. Plus le niveau est haut, plus l'examen a été long et poussé : lecture des plans, essais d'attaque, preuves mathématiques pour les plus hauts. Attention toutefois : le niveau dit à quel point on a bien regardé, et seulement la partie du produit qu'on a choisi de faire examiner.
Où ce terme est utilisé
- Lire une certification FIPS 140-3 ou Critères Communs d'un HSM (4 occurrences)
- Common Criteria (3 occurrences)
- Méthodes formelles TLA+ et Coq (Rocq), où elles valent leur coût (1 occurrence)
