Réseau
TRILL : Transparent Interconnection of Lots of Links. « Interconnexion transparente de très nombreux liens », par analogie avec un réseau de carrefours qui calculent de vrais itinéraires au lieu de fermer des rues pour éviter les embouteillages circulaires.
Principe : TRILL, normalisé à l'IETF, applique un protocole de routage à état de liens, IS-IS (Intermediate System to Intermediate System), à la commutation Ethernet. Les équipements, appelés RBridges (Routing Bridges), encapsulent les trames et les acheminent par les plus courts chemins.
Contre le spanning tree : Là où STP bloque des liens pour casser les boucles, TRILL les utilise tous et répartit le trafic sur plusieurs chemins de coût égal. Un champ de nombre de sauts, à la manière du TTL, évite qu'une trame égarée ne tourne indéfiniment.
Destin : TRILL a concouru avec SPB (Shortest Path Bridging) et des variantes propriétaires pour moderniser les centres de données. Les fabrics fondées sur VXLAN l'ont largement supplanté : en réseau comme ailleurs, avoir raison trop tôt reste une manière élégante d'avoir tort.
Ce qui arrive si on s'en passe
Sans TRILL ni mécanisme équivalent, un réseau Ethernet redondant s'en remet au spanning tree, qui bloque des liens pour casser les boucles : une partie de la capacité achetée reste inutilisée, en attente d'une panne. Sans aucun de ces mécanismes, une boucle de niveau 2 fait tourner les trames sans fin, faute de compteur de sauts pour les éteindre, et le réseau se sature. Déployer TRILL aujourd'hui expose à l'inverse à un écosystème que les fabrics VXLAN ont largement supplanté, avec moins d'équipements et de compétences disponibles. Il a eu raison trop tôt, ce qui en informatique se paie comme une erreur, intérêts compris.
Explication de la marmotte
Dans un grand réseau d'entreprise, on relie les appareils par plusieurs chemins pour ne pas tout perdre si un câble casse. Mais les messages risquent alors de tourner en rond sans fin. La méthode ancienne consiste à couper certains chemins de secours, ce qui gaspille des câbles. Cette technique fait l'inverse : chaque appareil connaît le plan complet du réseau, comme une carte routière montre toutes les rues, et envoie les messages par le trajet le plus court, en profitant de tous les chemins disponibles à la fois.
Où ce terme est utilisé
- Ethernet, trames et commutation locale (3 occurrences)
