Réseau
RSTP : Rapid Spanning Tree Protocol. « Protocole d'arbre couvrant rapide », par analogie avec la déviation routière déjà fléchée qu'on ouvre dès que le pont principal s'effondre, sans attendre la réunion du conseil municipal.
Filiation : RSTP succède au STP classique, dont il garde le but : couper les liens redondants d'un réseau commuté pour qu'il ne reste aucune boucle. Il a été normalisé par l'IEEE puis intégré à la norme du pont Ethernet, et MSTP l'étend à plusieurs instances.
Convergence : Là où STP attendait patiemment l'expiration de temporisateurs pendant plusieurs dizaines de secondes, RSTP négocie directement entre voisins par un échange de proposition et d'accord. La reprise se compte alors en secondes, voire moins, ce qui laisse enfin aux téléphones le temps de ne pas raccrocher.
Rôles de ports : Chaque port est racine, désigné, alternatif ou de secours. Le port alternatif est un chemin de repli déjà calculé : en cas de panne, il passe en transmission sans reprendre tout le raisonnement depuis le début.
Ports de bordure : Un port déclaré en bordure, relié à un poste et non à un commutateur, passe immédiatement en transmission. S'il reçoit une BPDU, il redevient un port ordinaire, ce qui rappelle que la confiance, en commutation comme ailleurs, se retire au premier mensonge.
Ce qui arrive si on s'en passe
Sans protocole d'arbre couvrant, un câble branché en double ou un petit commutateur ajouté sous un bureau crée une boucle : les diffusions se multiplient sans fin, les tables d'adresses des commutateurs s'affolent et le réseau local cesse de répondre en quelques secondes. Avec l'ancien STP seul, chaque panne de lien coûte plusieurs dizaines de secondes de coupure. Le protocole a toutefois sa propre surface d'attaque : un poste qui émet des messages de contrôle forgés peut se faire élire racine et attirer le trafic vers lui. Filtrer ces messages sur les ports d'accès et verrouiller le choix de la racine ferme cette porte.
Explication de la marmotte
Dans un bâtiment, les ordinateurs sont reliés par des boîtiers de raccordement, et on prévoit souvent plusieurs câbles entre eux pour survivre à une panne. Problème : avec plusieurs chemins, un message peut tourner en rond sans fin et saturer tout le réseau en quelques secondes. Ce protocole choisit quels câbles utiliser et lesquels laisser en réserve, de façon à supprimer tout circuit fermé. Quand un câble lâche, il bascule très vite sur une réserve déjà prévue, un peu comme un pompier qui connaît d'avance l'itinéraire bis.
Où ce terme est utilisé
- MSTP : spanning tree multiple pour réseaux industriels en anneau (17 occurrences)
- VLAN, trunks, boucles et liens agrégés (3 occurrences)
