Cryptographie
MPC : Multi-Party Computation. « Calcul multipartite », par analogie avec des collègues qui calculent leur salaire moyen sans qu'aucun ne révèle le sien.
Le principe : Plusieurs parties calculent ensemble une fonction de leurs entrées privées et n'apprennent que le résultat. La confiance n'est plus confiée à un tiers : elle est dissoute dans les mathématiques, qui ont l'avantage de ne pas bavarder à la machine à café.
Les briques : Partage de secret, circuits brouillés à la Yao et transfert inconscient forment l'essentiel de la boîte à outils. Le choix dépend du nombre de parties, du réseau et de la fonction à calculer.
Modèles d'adversaire : Le modèle semi-honnête suppose des participants curieux mais respectueux du protocole ; le modèle malveillant les autorise à tricher. Le second coûte nettement plus cher, ce qui est le prix habituel du réalisme sur la nature humaine.
Usages : Signatures à seuil pour des clés jamais réunies en un seul endroit, enchères privées, statistiques croisées entre organismes qui ne peuvent pas partager leurs données brutes.
Ce qui arrive si on s'en passe
Sans calcul multipartite, un traitement portant sur les données de plusieurs acteurs exige de tout rassembler chez l'un d'eux ou chez un tiers de confiance. Ce point central voit alors toutes les entrées en clair et devient la cible évidente : une seule compromission, une seule erreur de configuration ou un seul administrateur indélicat suffit à tout exposer. Pour les clés de signature, l'absence de partage impose qu'une clé complète existe quelque part, en mémoire ou sur disque, et qu'elle puisse être copiée. Certains traitements deviennent aussi tout simplement impossibles, faute de pouvoir légalement ou contractuellement confier les données brutes à quelqu'un d'autre.
Explication de la marmotte
Imaginons trois amis qui veulent savoir lequel d'entre eux gagne le plus d'argent de poche, sans que personne ne dise combien il reçoit. Ça semble impossible, et pourtant il existe des méthodes mathématiques pour y arriver. Chacun découpe son montant en morceaux qui, pris seuls, ne veulent rien dire, et les distribue aux autres. Ensemble, ils font des calculs sur ces morceaux et obtiennent la réponse finale, sans jamais voir le montant de quelqu'un d'autre. Les ordinateurs utilisent cette idée pour calculer sur des données secrètes appartenant à plusieurs personnes, sans que personne n'ait à tout montrer.
Où ce terme est utilisé
- Calculer, engager et anonymiser avec des primitives spécialisées (10 occurrences)
- Partager un secret et distribuer la confiance (5 occurrences)
- Chiffrement homomorphe dans le cloud : promesses et limites réelles (3 occurrences)
- Équité, vote, contrats et divulgation contrôlée (2 occurrences)
- Chaînes de blocs, wallets et cryptographie économique (1 occurrence)
