Cryptographie
AAD : Additional Authenticated Data. « Données authentifiées supplémentaires », par analogie avec l'adresse écrite sur l'enveloppe : le facteur la lit sans difficulté, mais toute rature se voit.
Rôle : Une AEAD chiffre le message et authentifie en plus des données qu'elle laisse en clair : en-têtes, numéro de séquence, identifiant de version ou de destinataire. Ces données ne sont pas chiffrées, mais la moindre modification fait échouer le déchiffrement.
Lier au contexte : Les AAD servent à attacher un texte chiffré à son contexte. Un chiffré valide pour un utilisateur ou un champ donné devient invalide si on le recopie ailleurs, ce qui déjoue les attaques par copier-coller.
Transmission : Les AAD ne voyagent pas forcément avec le chiffré : il suffit que l'émetteur et le récepteur les reconstruisent à l'identique, octet pour octet. Un ordre de champs différent ou un encodage légèrement divergent suffit à tout faire échouer.
Ce qu'elles ne sont pas : Les AAD ne sont pas secrètes. Y ranger une donnée confidentielle au motif qu'elle est « protégée », c'est confondre le cadenas et la vitrine, et la vitrine ne s'est jamais plainte d'être regardée.
Ce qui arrive si on s'en passe
Sans données associées, le chiffrement authentifié protège le contenu mais ignore son contexte. Un attaquant capable de manipuler un stockage ou un flux peut alors déplacer un chiffré valide d'un enregistrement à un autre, d'un utilisateur à un autre, ou le rejouer sous un autre en-tête : le déchiffrement réussit, puisque le message lui-même n'a pas bougé. Les en-têtes transmis en clair peuvent aussi être modifiés sans détection, par exemple pour changer une version ou un type de message. Inclure dans les données associées tout ce qui définit l'usage du chiffré (identifiants, version, position) ferme ces substitutions.
Explication de la marmotte
Quand on envoie un message secret, certaines informations doivent rester lisibles : à qui il est destiné, son numéro d'ordre, sa date. On ne les cache pas, mais on veut être sûr que personne ne les a trafiquées en chemin. Ces informations lisibles sont donc scellées en même temps que le message secret. Si quelqu'un change le destinataire ou le numéro, même d'un seul caractère, le destinataire s'en aperçoit et refuse l'ensemble. C'est comme une lettre dont l'enveloppe et le contenu portent le même tampon.
Où ce terme est utilisé
- Chiffrer et authentifier en une seule construction (9 occurrences)
- Parler le langage des clés, des messages et des attaquants (5 occurrences)
- Formats, bibliothèques et API : rendre la crypto utilisable (3 occurrences)
- JWE : chiffrer un jeton JSON sans se tromper (2 occurrences)
